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Cuvinte de învățătură

Le Christ ressuscité – fondement de la communion ecclésiale dans la Traditions orthodoxe

Bucarest, le 20 septembre 2005

1. Pâque dans la tradition orthodoxe

Vous connaissez certainement tous la solennité et la joie avec lesquelles les orthodoxes célèbrent la fête de la Résurrection du Christ. Nos livres liturgiques appellent Pâques :  fête des fêtes et solennités des solennités ", " jour unique dans les semaines ", " seigneur et roi des jours ". La résurrection est aussi " le jour que le Seigneur fit pour exulter d’allégresse et de joie ".
Le Canon pascal qu’on chante la nuit de Pâques et quarante jours après, jusqu'à l’Ascension est un monument de beauté théologique et liturgique. Je me permet de citer ici quelques odes :

 " Jour de la Résurrection ! Peuples rayonnons de joie : c’est la Pâque, la Pâque du Seigneur ! De la mort à la vie, de la Terre jusqu’au ciel le Christ notre Dieu nous conduit: chantons la victoire du Seigneur ".

" Le ciel se réjouisse comme il convient et la terre soit avec lui dans la joie, qu’à cette fête prenne part l’univers tout entier, le monde visible et l’immatériel, car il est ressuscité, le Christ, notre allégresse sans fin ".

" De lumière, maintenant, est rempli tout l’univers : le ciel, la terre et les enfers ; que désormais toute la création célèbre la Résurrections du Christ, notre force et notre joie ! "

Les fidèles en foule, cierge la main, chantent eux aussi maint fois pendant la célébration, le tropaire : " le Christ est ressuscité des morts, par sa mort il a triomphé de la mort, il nous délivre du tombeau pour nous donner la vie ". Et ils échangent le salut: " Le Christ est ressuscité ! – Il est vraiment ressuscité ! ". Ce salut pascal remplacera jusqu’`a l’Ascension le salut habituel.

La célébration de la Résurrection, comme d’ailleurs toute célébration des événements du salut, n’est pas simplement la mémoire d’un événement passé ; elle est plutôt sa réactualisation : le Christ ressuscite réellement dans la communauté qui célèbre sa Pâque et dans chaque fidèle. C’est pourquoi les fidèles chantent : " Hier, avec Toi, ô Christ, j’étais enseveli, avec Toi je me réveille aujourd’hui prenant part à la Résurrection ; après les souffrances de Ta crucifixion, accorde-moi de partager, Sauveur, la gloire du Royaume des cieux ".

Le Christ ressuscité s’identifie donc avec les fidèles. Les mêmes hymnes appellent le Christ ressuscité : " Agneau que nous mangeons " ou " Hostie vivante ", notre Pâque immaculée " ou " notre Pâque d’expiation ". Et la présence du Christ ressuscité dans la communauté des fidèles est le ferment de leur unité. Justement " à cause de la résurrection ", ceux-ci doivent chasser d’entre eux toute haine qui sépare et détruit l’unité.


" C’est le jour de la Résurrection, en cette fête rayonnons, l’un l’autre embrassons-nous, du nom de frères appelons même nos ennemis, pardonnons tout à cause de la Résurrection afin de pouvoir chanter : Le Christ est ressuscité des morts, par sa mort il a triomphé de la mort, il nous délivre du tombeau pour nous donner la vie ".

Le mystère de la résurrection et la joie qui en découle couvrent toute l’année liturgique, car pour nous chaque dimanche est la Pâque du Seigneur et aussi notre propre Pâque. Chaque samedi soir pendant les Vigiles et chaque dimanche à la Divine Liturgie nous chantons des hymnes dédies à la Résurrection, dont voici un d’une beauté particulière:


 “ Ayant contemplé la résurrection du Christ, adorons Jésus, le Seigneur très-saint, le seul sans péché. Nous vénérons ta croix, ô Christ, nous chantons et glorifions ta sainte résurrection, car Tu es notre Dieu ; nous n’en connaissons nul autre que toi ;ton nom nous proclamons.

 Venez, tous les croyants, adorons la sainte résurrection du Christ ! Voici que par la croix, la joie est venue dans le monde entier. Nous bénissons le Seigneur en tous temps et chantons sa résurrection ; car pour nous il a enduré la croix et par sa mort il a détruit la mort ".

Ainsi, parce que nous croyons à la victoire du Christ sur la mort et sur toutes les manifestations du mal, la joie est notre condition des chrétiens. D’oů le sens joyeux de la fête, spécialement chez les orthodoxes ! Toute fête est une célébration de la joie pascale, de la victoire sur le mal qui secoue notre vie. Car la puissance de la résurrection transfigure, par la foi et la prière de l’Eglise, tous nos épreuves, toutes nos douleurs. " Voici que par la croix, la joie est venue dans le monde entier ". Dans la prière de l’Eglise nous trouvons réponse à tous les problèmes de notre vie, surtout au problème fondamental, celui de la mort. Et ses réponses sont chantées !

Nous pouvons conclure ce paragraphe en disant que dans la Tradition orthodoxe, le mystère pascale intimement lié au mystère de l’Esprit Saint manifesté à la Pentecôte se trouve au cœur de toute célébration liturgique.

C’est pourquoi la Pâque, respectivement la Pentecôte qui fonde historiquement l’Eglise, règle le cycle liturgique de toute l’année ecclésiastique. Tous les dimanches de l’année, à part ceux du Grand Carême, sont nommés d’après Pentecôte : 2ème Dimanche après Pâque, 3ème Dimanche après Pâque… première Dimanche après Pentecôte, 35ème Dimanche après Pentecôte et ainsi de suite.

2. La présence du Christ ressuscité – dans l’Eucharistie
L’Eglise Orthodoxe est par excellence une Eglise priante, liturgique. Pour nous, orthodoxes, le mystère du salut s’actualise et est reçu personnellement dans la célébration liturgique dont la Divine Liturgie ou l’Eucharistie est le centre. Certes, le " sacrement de l’autel " doit se continuer dans le " sacrement du frère ", c’est-à-dire dans le service du prochain, comme dit Saint Jean Chrysostôme. Mais, c’est toujours le sacrement de l’autel qui fonde et donne son sens au sacrement du frère.
Il est important de savoir que, selon la conception orthodoxe, l’Eglise, en tant qu’assemblée des fidèles, célèbre l’Eucharistie et l’Eucharistie constitue ou transforme l’assemblée des fidèles en Eglise, Corps du Christ (cf. Eph 1, 23). Cela veut dire que les fidèles deviennent par la prière et la communion membres les uns des autres. Puisqu’il y a un seul pain, nous sommes tous un seul corps; car nous tous participons à cet unique pain  (I Cor 10, 17). Nous sommes un seul corps en Christ étant tous membres les uns des autres " (Rom 12, 5).
Ainsi l’Eglise fait l’Eucharistie et l’Eucharistie fait l’Eglise. Eglise et Eucharistie sont deux réalités inséparables qui au niveau mystique s’identifient. Elles nous rendent présent le Christ, mort et ressuscité " pour la vie du monde " (Jn 6, 51), vivant éternellement dans la gloire du Père. Pour notre thème, je souligne que le Corps et le Sang du Christ que nous recevons dans l’Eucharistie sous la forme du pain et du vin sont précisément le Corps et le Sang du Christ dans sa réalité éternelle oů il est entré par la Résurrection. Et communiant au Christ qui est " l’Un de la Trinité " nous communions à la vie éternelle. Je suis le pain vivant qui descend du ciel. Celui qui mangera de ce pain vivra pour l’éternité. Et le pain que je donnerai c’est ma chair, donnée pour la vie du monde  (Jn 6, 51).
C’est pourquoi la communauté eucharistique autour de la Table du Seigneur, mort et ressuscité, est le fondement de toute communion dans l’Eglise et dans la société. D’ailleurs Eglise et société ne peuvent pas être séparé. L’Eglise se trouve au cœur de la société, au cœur du monde, même si le monde ignore son propre cœur !
Car finalement tout est communion et sans communion la vie n’existe pas. Or l’Eglise est justement le ferment de toute communion humaine !
La communion eucharistique reçue régulièrement " avec foi et crainte le Dieu " et avec la préparation nécessaire transforme le fidèle dans le Christ, lui-même. L’homme devient ce qu’il mange. Si nous mangeons souvent le Christ nous devenons Christs par la grâce. " Ce n’est plus moi qui vit, c’est le Christ qui vit en moi "(Gal 2, 20). Vivre dans le Christ c’est avoir " la pensée du Christ " (I Cor 2, 16) et " les sentiments que furent dans le Christ Jésus "(Phi 2, 5), comme dit Saint Paul. Et devenir ainsi " Adam total ", " homme universel " qui n’est plus séparé de personne et de rien, comme disent les Pères de l’Eglise. Le chrétien qui est en tout semblable au Christ récapitule en lui, tout comme le Christ, l’humanité tout entière, le cosmos entier. Tout vit en lui ! C’est le mystère de l’amour qui unifie et pacifie l’homme et le cosmos.

3. L’ascèse et les dons de la résurrection
Les dons de la résurrection offerts dans l’Eucharistie: le triomphe sur le diable, " prince de ce monde "(Jn 2, 31) et seul véritable ennemi de l’homme , la victoire sur le péché et toutes ses conséquences dont la mort qui enchaîne l’homme et le cosmos et la divinisation de l’être humain ne peuvent être reçus que dans une attitude personnelle de foi et d’ascèse.
D’ailleurs la foi, elle-même, est une ascèse. Une ascèse de l’intelligence qui se laisse volontairement " crucifié " pour faire place au mystère et être transfiguré par lui. Croire en Dieu et à tous ses hauts faits signifie participer personnellement à ses actes salvatrices pour dépasser et transfigurer le monde naturel, déchu qui finit nécessairement par la mort. Croire à la résurrection c’est vivre déjà la mort de sa propre mort. Car en Christ il n’y a plus de mort. La mort est devenue Pâque-passage.
Ce processus de transformation intérieure pour vaincre en soi-même " l’homme vieux ",esclave du péché (cf. Rom 6, 6 ; Eph 4, 22) et revêtir " l’homme nouveau, crée selon Dieu dans la justice et la sainteté qui viennent de la vérité " commence justement par " le renouvellement de l’intelligence " (cf. Eph 4, 23).
Mais comment renouveler notre intelligence sinon à l’aide de la prière et du jeűne, moyens bibliques par excellence pour résister au Malin. Car c’est le Diable lui-même qui pervertit l’intelligence et fait éclater l’unité de l’homme intérieur dont le cœur est le centre. D’ailleurs l’intelligence a son " siège " dans le cœur, étant elle-même une " énergie du cœur ". Tant que l’intelligence n’est pas purifiée et fortifiée par la prière au moyen de laquelle elle " descend " dans le cœur, s’unit à lui et le pacifie, elle sera séduite de " descendre " dans les sens pour y susciter " les convoitises trompeuses " (Eph 4, 22) ou se dispersera dans les choses extérieures. Ainsi l’homme va se trouver dans un état d’éparpillement intérieur, il n’aura pas la paix dans son cœur et l’angoisse peut facilement s’emparer de lui.
Certes la prière est la plus grande ascèse qui ouvre notre cœur aux dons de la résurrection. Car il n’est pas toujours facile de prier " avec l’intelligence dans le cœur ", d’arriver à la prière pure. Le plus souvent notre prière reste une prière purement intellectuelle, se cantonne dans le cerveau et ne descend pas dans le cœur. Elle n’a donc pas la force de renouveler vraiment l’intelligence selon " la pensée du Christ ". Car comme j’ai déjà rappelé nous devons avoir " la pensée du Christ " et " les sentiments qui furent dans le Christ ".
Le jeűne alimentaire, les prosternation, la station debout pendant les longs offices liturgiques et d’autres formes d’ascèse font participer aussi le corps à la prière. Nous ne sommes pas d’anges pour prier uniquement de manière spirituelle. Tant que nous vivons dans la chaire, celle-ci doit participer à la prière justement par ces formes d’ascèse. D’ailleurs entre l’âme et le corps il y a une unité mystérieuse que seul le péché affaiblit et détruit. Le rôle de la prière qui engage l’homme entier est justement de rétablir et de parfaire cette unité. En plus, le corps humain tout comme le corps du Christ est destiné lui aussi à la transfiguration et à la divinisation. Le jeűne contribue donc à la spiritualisation du corps, il fait cesser la guerre des sens, il tue les passions charnelles et aide l’esprit à se concentrer à la prière.
La prière et le jeűne nous aide également à acquérir le difficile amour du prochain, même des ennemis. Et l’amour nous rend semblables au Christ.
L’amour ouvre le cœur à l’humanité et à la création entière que nous portons en nous-mêmes. Ainsi se réalise l’unité de l’humanité et du Cosmos.

Le Métropolite Serafim

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